04.01.2007
Vogue le Brésil, fin de ce blog
Ce blog a accompagné l’année électorale tout au long de 2006, il est désormais grand temps, en ces premiers jours de 2007, d’y mettre un terme. Si cette chronique a pu contribuer à une meilleure connaissance des réalités brésiliennes par quelques uns de nos concitoyens, son objectif sera atteint. Les milliers de visites enregistrées, ainsi que l’intérêt manifesté par des sites comme Alterinfos et Autres Brésils, ou des media comme France Inter ou France Culture, constituent un bon encouragement. Feliz 2007 e até breve !
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19.12.2006
Les 99 bougies de l’architecte
Imaginait-il lorsqu’il construisait la future capitale brésilienne dans les années 50 que le Congrès National abriterait tant de turpitudes ? Après avoir brillé pendant 4 ans avec différents scandales de corruption, les parlementaires ont décidé d’achever leur mandat par une dernière salve en s’auto votant une augmentation de salaire de 91%. L’opinion publique qui en a vu d’autres semble balancer entre indignation et désabusement ; à Bahia, une déséquilibrée a même essayé d’attenter à la vie du député Antonio Carlos Magalhães Neto prétextant ce réajustement salarial pour expliquer son acte.
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05.12.2006
Vers une grande coalition à la brésilienne
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14.11.2006
Un communiste à la tête du Brésil ! (pour quelques jours)
Aujourd’hui, l’état de santé de José Alencar laisse planer un doute sur sa capacité à assumer son second mandat de Vice Président à partir de janvier 2007. Les élections des prochains Présidents de la Chambre des Députés et accessoirement du Sénat (3ème et 4ème personnages de l’Etat) ne devraient en être que plus disputées et on peut supposer que Lula en personne aura son mot à dire.
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07.11.2006
Les bus peuvent aussi brûler à Rio
Mais à toujours parler de la violence, on a l’impression qu’il n’y a rien d’autre. Ces derniers jours, le quotidien des brésiliens a été affecté par deux problèmes comme il en existe sous toutes les latitudes. Tout d’abord une grève du zèle des contrôleurs du ciel qui paralyse une grande partie du trafic aérien, et d’autre part une polémique sur le prix du pain. Auparavant vendu à l’unité il est désormais vendu au kilo et devinez quoi ? par un tour de passe-passe digne du passage à l’€, une substantielle augmentation des prix est intervenue. Bus qui brûlent, mouvements sociaux, pouvoir d’achat, tout cela est proche de nous, mais ne nous y trompons pas, rien n’est vraiment pareil.
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06.11.2006
Recadrage post élection
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30.10.2006
Lula, la victoire à 61%
Au pays du gigantisme, les chiffres donnent le vertige. Elu avec 60.8% des voix, Lula a recueilli 58 millions de votes, creusant un écart de près de 21 millions de suffrages par rapport à Alckmin. Le second tour aura accentué les disparités géographiques du premier. La région Nord a voté à plus de 65% pour Lula mais c’est dans son fief du Nordeste où il donne une véritable fessée à son adversaire avec un score de 77% (plus de 13 millions de voix d’écart). Pour les nordestins, l’élection s’est bien résumée à une opposition entre les « élites » du Sud (principalement paulistas) vs. Lula le père des pauvres, fils le plus connu du Nordeste. Voter pour Alckmin à Bahia ou dans le Pernambuco ne pouvait donc relever que d’un exercice de masochisme. Par rapport au 1er tour, Lula a également su inverser la tendance dans les régions Centre Ouest (52%) et Sud Est (57%) où il avait pourtant été distancé par le candidat du PSDB le 1er octobre. Finalement celui-ci ne l’aura emporté que dans la région Sud avec 53% des voix. La soirée a également réservé de bonnes nouvelles pour le Président brésilien avec l’élection des gouverneurs d’Etat. Certes son parti le Parti des Travailleurs ne compte que 5 gouverneurs élus sur 27 (dont 4 étaient déjà connus dès le 1er tour). Mais ce score est le plus élevé jamais enregistré par le PT et il était inattendu il y a 2 mois quand les enquêtes le créditaient uniquement 2 voire 3 Etats (cf. notre note du 5 septembre). Plus important pour Lula, on sait qu’il pourra compter sur l’appui de nombreux gouverneurs par les jeux d’alliances, soit nationales soit locales ce qui constitue une nouveauté par rapport à 2002, l’exemple le plus pittoresque étant celui du Maranhão où les deux candidats apportaient leur soutien au Président brésilien alors que leur formation politique fait partie de l’opposition au plan national. Finalement, Lula peut aujourd’hui s’appuyer sur 16 gouverneurs (sur 27) lesquels devraient donner un coup de pouce au prochain gouvernement de par leur influence auprès des parlementaires de leurs Etats siégeant à Brasilia. Dans un paysage toujours très atomisé, la politique politicienne va rapidement reprendre son cours avec un parti très convoité, le PMDB (plus ou moins centriste) qui avec un nombre important de gouverneurs et d’élus à Brasilia constitue un faiseur de majorité. On peut penser qu’aujourd’hui ce parti est prêt à se laisser séduire par un bout de chemin gouvernemental avec le PT.
Comme tout soir de triomphe, le vainqueur porté par l’euphorie a prononcé des phrases d’espoir et d’ouverture. « Jusqu’au mois de décembre [fin du présent mandat], je vais converser avec toutes les forces politiques du pays sans veto envers qui que ce soit ». « Les partis politiques ont besoin de se renforcer et pour cela nous allons discuter dès le début du mandat de la réforme politique dont le Brésil a tant besoin ». « Maintenant, il n’y a plus d’adversaire. L’adversaire, ce sont les injustices sociales. Et tout le monde doit s’unir pour faire croître le Brésil ». « Vous pouvez en prendre bonne note. Il y aura plus de crédit, il y aura plus de revenus, le salaire minimum va de nouveau croître. Nous avons démontré que quand le peuple a un peu d’argent, il commence à acheter, le commerce commence à vendre, l’industrie commence à produire ». Paroles optimistes qui n’ont pas convaincu dans les rangs de l’opposition dont un représentant a annoncé qu’elle serait « trois fois plus sévère que ce quelle a été lors du premier mandat ». Mais c’est sur le PSDB (le parti de Alckmin) et son allié le PFL que va être mise la pression dans les prochaines semaines. Ils ne peuvent donner l’impression de jouer l’obstruction systématique, mais ayant surexploité les scandales en cours (dont le processus judiciaire se poursuit) ils se doivent également d’être fidèles à leur ligne de fermeté. Difficile numéro d’équilibrisme dont elle ne sortira peut-être pas intacte. Tous les regards se tournent déjà vers les gouverneurs PSDB de deux des états les plus puissants José Serra (São Paulo) et Aécio Neves (Minas Gerais) très probables présidentiables pour 2010 et qui de ce fait ont tout intérêt à polir une image d’hommes de dialogue. Côté PT, il y aura aussi du renouvellement pour tourner la page. Tout un symbole, Zé Dirceu l’âme damnée des scandales du 1er mandat (c’est du moins ainsi qu’on le présente) a été accueilli sous les cris de « voleur » « bandit » ou autre « Judas » hier dimanche lorsqu’il est allé voter dans son quartier de São Paulo. Quelques noms à retenir pour les prochaines années dans l’entourage de Lula ? Dilma Rousseff et Tarso Genro, déjà dans le staff présidentiel où ils semblent donner toute satisfaction, Jacques Wagner l'ex syndicaliste élu gouverneur de Bahia dans un scrutin où il a déjoué tous les pronostics, Marta Suplicy qui semble avoir digéré sa défaite de 2004 à la mairie de São Paulo, Ciro Gomes (membre du Parti Socialiste et allié incontournable dans le Nordeste), Fernando Pimentel le maire de Belo Horizonte qui a pour lui d’être un homme neuf. Il est mineiro comme Aécio Neves, et qui sait si après avoir longuement séjourné à São Paulo, le centre de gravité de la vie politique brésilienne ne va pas migrer sur Belo Horizonte dans quelques années ?
La presse brésilienne n’en rajoute pas dans le triomphe de Lula. Bien sûr celui fait la une de tous les titres mais de manière factuelle :
Lula est réélu, il promet la croissance et demande l’union (Folha de São Paulo)
Lula promet l’ouverture pour son second mandat avec une réforme politique (Estado de São Paulo)
Lula réélu, le gouvernement parle maintenant de la « fin de l’ère Palocci » (O Globo) - référence à l’ancien ministre des Finances symbole de la politique d’orthodoxie monétaire -
Lula promet le Premier Monde (Jornal do Brasil) - référence aux déclarations de Lula promettant de faire passer le pays de sa condition de pays émergent à celle de nation développée -
L’espérance renouvelée avec 58 millions de voix (Correio Braziliense) – unique référence à « l’espérance » qui marquait la victoire de 2002. Le second mandat s’annonce comme pragmatique...
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29.10.2006
Lula pratiquement réélu
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Lula en route pour la gloire ?
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28.10.2006
Fin de campagne anémiée (et non animée)
***
A l’heure où en France les militants du PS se déchirent sur la démocratie participative (dont on rappelle qu’elle est née au Brésil) on ne peut qu’être perplexe sur la démocratie représentative au Brésil, du moins à la lecture d’un récent article de l’édition électronique de la Folha. Ce journal a en effet étudié le patrimoine déclaré des 513 députés de la nouvelle Chambre élue le 1er octobre. Il ressort que le patrimoine moyen d’un député est de 2.5 Millions de R$ (un peu moins d’1 M€) soit pas moins que 392 années de travail pour le Brésilien moyen. Par souci d’honnêteté intellectuelle, il convient de remarquer que cette moyenne de 2.5 MR$ est fortement tirée vers le haut par quelques cas exceptionnels, tel le député Camilo Cola qui du haut de ses 83 ans déclare un patrimoine de 259 Millions de R$ (100 M€ soit 400 siècles de travail pour l’homme de la rue). Sans surprise une majorité de députés millionnaires en R$ provient du Sud Est, principalement de São Paulo. Le milliardaire paulista siégeant pour compte du paysan nordestin ? Ca sonne comme un film de Capra mais on peut en douter.
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21.10.2006
De l’usage la peur en période électorale
« L’espérance a vaincu la peur ». On se souvient des mots prononcés par Lula le soir de son élection en 2002. Car il avait bien été question de peur pendant cette campagne. Dès le mois de mai, soit près de 6 mois avant l’élection, la persistance de sondages donnant une confortable avance au candidat du PT avait amené plusieurs banques d’affaires américaines et européennes à déconseiller à leurs clients d’acheter des titres brésiliens. S’en était suivie une forte crise de change qui avait vu le Real perdre 50% de sa valeur et Lula hériter d’un pays exsangue financièrement. Nous ne sommes plus en 2002 et Lula ne fait plus peur à personne. Mais, ébranlé par son semi échec du 1er tour, c’est bien lui qui a choisi pour ce scrutin d’agiter le chiffon de la peur pour assurer sa réélection. « Choc de gestion » promet Alckmin histoire de se positionner comme un « gestionnaire » face au « dépensier » Lula. Choc de gestion = privatisation des bijoux de la couronne (Petrobras, Banco do Brasil) et coupes dans les programmes sociaux, martèle depuis le soir du 1er tour la propagande lulesque. Pure construction intellectuelle qui n’est pas étayée par le programme de Alckmin. Mais qui semble donner des résultats. 60% d’intentions de vote pour le président sortant contre 40% pour son rival à une grande semaine du vote, le break semble fait. Mais la victoire de Lula si elle se confirme sera davantage celle de la résignation que de l’espérance.
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12.10.2006
Alckmin, le cave se rebiffe
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07.10.2006
Léger avantage pour Lula à la reprise du match
La semaine s’est écoulée au rythme des ralliements pour l’un ou l’autre des deux candidats. Certains sont particulièrement indignes. Lula a reçu l’appui de Maluf, ex maire de São Paulo qui a passé il y a quelques temps 2 mois préventifs sous les verrous pour être soupçonné d’avoir détourné à son profit plusieurs centaines de millions de dollars. Plus lamentable encore le soutien de Fernando Collor de Mello à l’actuel Président brésilien. Oui, Collor, l’ancien Président destitué pour corruption, qui est revenu en politique et a été élu Sénateur d’Alagoas. En guise de remerciements, Lula a salué ce retour en affirmant que Collor pourrait faire un travail « exceptionnel » au Sénat. Mais qu’on se rassure, ce n’est pas mieux de l’autre côté. On a ainsi appris le soutien public de Roberto Jefferson, l’homme qui a symbolisé par-dessus tout le scandale du mensalão en 2005. S’estimant lâché par Lula, il a décidé d’aller à la soupe dans le camp adverse. Mais la cerise sur le gâteau pour Alckmin a été le ralliement du couple Garotinho. Garotinho, le populiste, le télévangéliste, qui a mangé dans toutes les écuelles de la politique brésilienne puisque après avoir connu 3 ou 4 partis dans sa carrière, il avait soutenu Heloísa Helena au premier tour pour maintenant choisir Alckmin. Certes, on n’est pas responsable de ses soutiens mais dans le cas présent, Heloísa Helena avait ostensiblement pris une certaine distance, alors que Alckmin que certains appellent déjà le Forrest Gump brésilien était tout sourire devant les caméras aux côtés du couple infernal.
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04.10.2006
Jours d’après élection
Bataille au couteau
Alckmin et Lula, les deux prétendants à la victoire finale à la Présidence sont déjà à la recherche d’appuis de second tour. Plusieurs ralliements individuels ont déjà été notés, mais le magot convoité des deux côtés, c’est le potentiel que représentent les 6.5 millions de voix de Heloísa Helena et les 2.5 millions de voix de Cristovam Buarque. Concernant la première, elle a choisi la neutralité. « Ce serait rompre avec 12 ans d’histoire et de confrontation politique avec le projet neo liberal du PSDB [Alckmin] et contre le gang partisan qu’est devenu le gouvernement Lula. Nos électeurs sont des femmes et des hommes libres. Ils n’ont pas besoin de nos consignes pour choisir pour qui voter » a-t-elle déclaré dans la variante brésilienne de notre « blanc bonnet, bonnet blanc » [cette allusion à la présidentielle française de 69 sera-t-elle comprise par nos plus jeunes lecteurs ?]. La version électronique de la Folha mentionne un sondage Datafolha effectué avant le 1er tour auprès des électeurs de Heloísa Helena, Cristovam Buarque ainsi que tous ceux qui déclaraient voter blanc ou nul. Selon cette enquête, si une majorité d’entre ces électeurs avaient une assez nette préférence pour Alckmin en cas de second tour, le potentiel de voix ainsi représenté ne suffirait pas au candidat du PSDB pour battre Lula (on serait en gros dans un rapport de force de 52/48 pour le Président sortant). Mais c’était avant dimanche, et aujourd’hui la dynamique est clairement du côté de Alckmin. Tout annonce donc une bataille au couteau pendant 4 semaines qui va finalement se résumer en une question : pour ou contre Lula ?
Pays divisé
L’élection de dimanche a montré un pays plus divisé qu’on ne le croyait avec une nette différenciation nord-sud. Lula est dominateur dans les régions Nord et Nord Est, alors que Alckmin vire en tête dans les régions Centre Ouest, Sud Est et Sud. Si Lula doit être réélu, ce sera vraiment avec les voix des nordestins qui lui ont lui ont apporté 66% des suffrages, score qui atteint plus de 70% dans des états comme le Ceará (Fortaleza) ou le Pernambuco (Recife). Cette fracture géographique, qui recouvre bien sûr une véritable fracture sociale, n’est pas une bonne nouvelle pour le Brésil. Le président élu, quel qu’il soit, devra compter avec la méfiance pour ne pas dire l’hostilité d’une partie de l’électorat « d’en face ».
Un Congrès toujours ingouvernable
On a pu le noter (cf. notre note du 02.10), le Sénat reste toujours dominé par l’opposition PFL-PSDB. Mais ce n’est pas le cas de la Chambre des Députés où les deux partis les plus représentés seront le PMDB (dont une partie penche pour une alliance avec le PT) et le PT lui-même. Comme dans la précédente Chambre, une vingtaine de partis est représentée ( !) mais cette fragmentation devrait se trouver réduite par l’entrée en vigueur d’une nouvelle loi défavorable aux petits partis qui s’ils n’ont pas atteint un poids électoral suffisant se voient priver notamment de subventions publiques et de temps de parole à la TV. Seuls 9 partis se trouvent au dessus des minima exigés, les autres formations étant appelées à se regrouper ou à disparaître. Une nouvelle disposition qui constitue la première étape d’une « normalisation » de la vie politique pour éviter les majorités de circonstance qui prévalent jusqu’à aujourd’hui.
C’est très curieux, mais depuis dimanche, on ne parle plus du dossiêgate, montrant bien à quel point cette affaire est instrumentalisée. Les deux équipes sont encore aux vestiaires, elles préparent leur stratégie de seconde mi temps et le match va bientôt reprendre. A venir : de nouveaux sondages, le retour des scandales et peut-être même des débats sur le social et l’économique, si toutefois ça intéresse encore quelqu’un !
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02.10.2006
Lula mis en ballottage. Surprise ? Echec ?
Mais on ne votait pas que pour la présidentielle hier. Pour le renouvellement des gouverneurs, quelques surprises sont à noter et viennent mettre un peu de baume au cœur de Lula. Ont été élus 4 gouverneurs PT au 1er tour, alors que dans le meilleur des cas, on en prévoyait 3. Une énorme surprise est venue de Bahia où l’ex ministre Jacques Wagner, un proche de Lula, a été élu alors que l’on imaginait plutôt une défaite pure et simple dès le 1er tour. Autre surprise dans le Rio Grande du Sul l’ex fief du PT où son candidat Olívio Dutra a déjoué les pronostics en se hissant d’un souffle au second tour (pour 0.3% des suffrages). Pas de surprise en revanche à São Paulo et dans le Minas Gerais avec les victoires faciles de José Serra et Aécio Neves tous deux du PSDB, le parti de Alckmin.
Concernant enfin l’élection sénatoriale, les premières indications montrent une forte stabilité à savoir un Sénat dominé par l’opposition PFL/PSDB, et un PT qui ne constituerait que la 4ème formation représentée. Quelle que soit la configuration majoritaire, il y aura nécessairement des alliances à passer, et on sait qu’elles s’effectuent souvent dans des conditions moralement répréhensibles...
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01.10.2006
C’est aujourd’hui le 1er tour !
Le dernier jour de campagne est éclipsé par la catastrophe du vol 1907 de la Gol qui s’est écrasé dans la forêt amazonienne. Les dés sont jetés et Lula reste le favori pour de nombreux observateurs. Mais souvenons-nous que dans plusieurs pays développés, des surprises de dernière heure sont survenues ces dernières années. Il faudra attendre dimanche soir au Brésil (soit dans la nuit en France) pour avoir des indications sérieuses sur le résultat et en tout état de cause les résultats définitifs seront connus chez nous lundi en fin de matinée.
Porteur d’espoir en 2002, Lula a déçu là où on ne l’attendait pas. Une autre politique est possible, pensait-on à l’époque en espérant qu’à défaut de changer des règles économiques auxquelles il s’est facilement adapté, Lula l’ouvrier créerait au moins une autre gouvernance. Sur ce plan c’est raté, de nombreux media brésiliens considèrent même qu’on a régressé par rapport à l’ère de Fernando Henrique Cardoso, pourtant elle aussi riche en affaires peu flatteuses. Oui, on ne peut qu’être sensible à la dimension d’un homme simple qui a accédé à la plus haute fonction de son pays. Il a connu la faim, l’ « immigration intérieure » (comme des millions de personnes, sa famille a dû fuir la pauvreté du Nordeste), la dureté du travail où un accident l’a amputé d’un doigt. Il y a quelques semaines, pendant un bain de foule, un homme s’est précipité sur lui exhibant également un doigt amputé, montrant ainsi à quel point ses partisans le considèrent toujours comme l’un des leurs. Popularité, mais qui peut virer au populisme dans des discours s’attaquant « aux élites » quand ce n’est pas purement et simplement aux habitants de tel ou tel quartier favorisé, trop faciles cibles de tribune...
Pour son éventuel second mandat, Lula prétend faire des réformes institutionnelles et moderniser la vie politique. Il est vrai qu’avec 17 partis représentés au Congrès, des parlementaires qui n’hésitent pas à changer d’appartenance politique en cours de mandat, la politique brésilienne est une caricature de IV° République française. Mais comment peut-on imaginer l’opposition laisser les mains libres à Lula pour faire des réformes alors qu’une partie d’entre elle souhaite déjà le voir destitué avant même qu’il ne soit réélu. Tout dépendra des rapports de force qui naîtront ce mois d’octobre avec l’ensemble des résultats électoraux.
L’opposition veut s’efforcer de croire que les évènements des derniers jours vont finalement donner lieu à un second tour au cours duquel tout deviendrait possible. Mais cette opposition serait KO en cas de défaite dès ce dimanche, une défaite qui serait avant tout celle de Alckmin qui même dans son propre camp a éprouvé des difficultés à convaincre. Alckmin et son physique de technocrate, ayant une réponse formatée quel que soit le sujet ... Alckmin qui, contrairement à Lula, éprouverait probablement les plus grandes difficultés à faire entendre la voix du Brésil sur la scène mondiale tant on trouve par dizaines des personnalités telles que la sienne. On a vraiment du mal à le voir dans des habits de président.
Reste Heloísa Helena qui pendant un temps aura animé la campagne au point de pouvoir ravir à Alckmin le rôle de challenger principale de Lula. Tout en campant sur ses positions idéologiques très marquées à gauche, elle aura perdu l’image sectaire qui semblait lui coller à la peau. Elle sera vraisemblablement victime du vote utile, mais aura acquis une notoriété qui devrait lui être utile pour les quatre années qui viennent. Comme Lula, elle ne manque pas une occasion de mettre en évidence ses origines modestes mais en ajoutant que pour ce qui la concerne, elle n’a pas trahi ...
Cette campagne aura enfin révélé au monde entier la force du crime organisé qui s’est imposé définitivement comme le cinquième pouvoir au Brésil. Il a forcé les autorités de São Paulo à négocier au mois de mai pour mettre un terme à la vague de violences qui a tué plusieurs dizaines de personnes (c’est un secret de polichinelle), il a obligé TV Globo à diffuser une vidéo de soutien en échange de la libération d’un de ses reporters retenu en otage ... Bref, les groupes mafieux tels le PCC (Primeiro Comando da Capital) sur São Paulo ou le Comando Vermelho sur Rio disposent aujourd’hui d’un pouvoir qui semble sans limite. On n’a pas noté de réponse convaincante sur ce sujet chez les principaux candidats.
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27.09.2006
Deux ou trois choses que je crois savoir à propos d’un fameux dossier
L’entourage de Lula est-il touché ? Réponse oui, un de ses conseillers personnels (répondant à l’invraisemblable nom de Freud Godoy) est mis en cause, et plus généralement plusieurs cadres du PT sont impliqués dans cette affaire d’achat d’un dossier soi disant compromettant pour José Serra, un des adversaires politiques de Lula. Pour Marco Aurélio Mello, Président du Tribunal Supérieur Electoral, l’affaire serait pire que le Watergate !
L’affaire peut-elle aussi être compromettante pour l’opposition ? Ce n’est pas exclu, car le fameux dossier ne se limite peut-être pas aux quelques images distillées qui compromettraient Serra. Mais c’est tout le mystère. Sur certains sites, on a pu lire que le dossier mouillerait pas mal de personnel politique de différents partis qui serait lié au « scandale des sangsues » (surfacturation d’achat d’ambulances avec commissions occultes versées à des parlementaires). En attendant, Serra devrait faire lui-même l’objet de quelques investigations, son successeur comme ministre de la Santé avant l’élection de Lula également.
Que disent les sondages depuis le démarrage de l’affaire ? Ils mettent en évidence une érosion de Lula et une poussée de Alckmin (allié de Serra au sein du PSDB). Il semble apparaître un phénomène de vote utile en faveur de Alckmin qui monterait plus que Lula ne baisse. Alckmin récupérerait ainsi les voix des indécis et des autres candidats. Mais à cette minute pas un seul institut ne se risque à prévoir de façon catégorique une mise en ballottage de Lula dimanche soir. Ça risque donc de se jouer dans un mouchoir de poche.
Comment expliquer un tel scandale alors que Lula planait avec 20 points d’avance dans les sondages ? Une hypothèse est que c’est déjà 2010 qui se joue ! Compte tenu des rapports de force assez complexes entre les différents partis, un Lula trônant sur une confortable réélection aurait souhaité un rapprochement avec quelques opposants présentables dont Serra préférant en quelque sorte préempter lui-même son successeur si d’aventure celui-ci ne devait pas être issu du PT (le parti de Lula). Mais c’était sans tenir compte de quelques ultra du PT qui auraient alors tenté de mouiller Serra dans un scandale. Si tel est le cas, le stratège qui a conçu cette opération ferait bien de se reconvertir.
Que se passera-t-il si Lula est réélu ? La guerre des tranchées va se poursuivre, plusieurs actions juridiques étant intentées contre le chef de l’Etat brésilien. Ce qui veut dire que sitôt élu, Lula risque de devoir se battre pour ne pas être destitué ! Mais dans le camp adverse, les lendemains risquent de ne pas être plus radieux car une défaite face à un candidat en difficulté comme l’est aujourd’hui Lula sonnerait comme un brevet de nanisme politique. Bref, les mois qui viennent pourraient s’avérer troublés, avec à la clé quelques remous possibles pour le Real sur le marché des changes.
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24.09.2006
Tempête autour d’un dossier
Que va-t-il se passer le 1er octobre dans l’isoloir, au moment d’appuyer sur le bouton ? (au Brésil le vote est électronique). Car il est notoire que de nombreux brésiliens considèrent que c’est l’ensemble de la classe politique qui est corrompu et l’affaire ne sera peut-être perçue que comme un scandale de plus. Comment va être considérée l’attitude de Lula qui comme à son habitude a fait sauter quelques fusibles, prétendant qu’il n’était pas au courant du coup tordu ? On a d’ailleurs quelque raison de le croire, car quel aurait été l’intérêt pour lui d’organiser une affaire crapuleuse alors qu’il disposait de 20 points d’avance dans les sondages ? Mais s’il ignore ce qui se passe dans son entourage, mérite-t-il d’être président ? Difficile équation pour le président sortant à qui il faudra beaucoup de brio pour sortir de cet encerclement dialectique. La situation est suffisamment sérieuse pour le Président brésilien pour que celui-ci, qui avait jusqu’à présent délaissé les débats télévisés avec ses adversaires, envisage d’être présent à la dernière confrontation organisée dans les jours qui viennent par TV Globo. Rien ne serait en effet plus mal perçu qu’une chaise vide en plein scandale.
Dans la bourrasque du « dossiêgate », la Fondation Getúlio Vargas publie une étude passée au second plan révélant que pendant les 3 premières années du mandat de Lula, la pauvreté a sensiblement diminué, passant de 28.2 à 22.8% de la population. Un niveau encore inacceptable, mais qui montre le chemin parcouru, d’autant que cette évolution ne s’est pas faite au détriment des équilibres macro économiques. Mais une étude bien dérisoire aujourd’hui à l’heure où le scrutin est devenu un combat de catch.
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21.09.2006
La guerre de tranchées du « dossiêgate »
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20.09.2006
Le scandale de trop pour Lula ?
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