29.10.2006
Lula en route pour la gloire ?
On vote ce dimanche, et tout laisse à penser que Lula va se succéder comme chef de l’Etat brésilien. Certes Alckmin prétend sentir le vent du retournement de situation mais il est bien le seul, comment pourrait-il remonter 20 points de handicap en quelques heures ? La campagne s’est résumée à un choix pour ou contre Lula, on n’a réciproquement pas eu connaissance d’un seul électeur se posant la question de voter pour ou contre Alckmin. Une querelle d’hommes d’autant plus exacerbée que leurs programmes semblent très proches. Mais il faut bien trouver une manière de se différencier. Sur un plan économique l’un comme l’autre candidat s’appuyant sur la stabilité monétaire poursuivra la politique de baisse de taux pour redynamiser la croissance, augmenter ainsi le rythme de création d’emplois et faire rentrer davantage de recettes fiscales. Sur le papier, Alckmin est bien sûr plus libéral que Lula, mais ce n’est pas un idéologue et il ne semble pas prêt à mourir pour des dogmes comme par exemple celui de l’autonomie de la Banque Centrale. C’est en revanche sur le plan de la politique extérieure que les différences les plus marquantes ont été notées, Lula restant partisan des alliances Sud-Sud et Alckmin souhaitant classiquement se rapprocher (traduire : se placer dans l’ombre portée) des USA et de l’Union Européenne, mais qui s’en soucie ? La campagne a été violente, on n’est pas habitué sous nos latitudes à comparer la propagande de ses adversaires politiques à celle du Docteur Goebbels, comme ce fut le cas ici de part et d’autre. La bataille fut au dessous de la ceinture comme en témoigne le tristement célèbre scandale du dossiê et ses ramifications de toutes sortes où l’on ne sait plus qui manipule qui. Lula n’a eu de cesse ces dernières semaines de critiquer « les élites » qui « depuis Cabral » (soit ni plus ni moins que la découverte du Brésil en 1500) n’ont cessé de gouverner contre le peuple. Populisme facile, mais a contrario certaines attaques contre le Président brésilien ont été lamentables tels ces auto collants apparus ces derniers jours ironisant sur une supposée propension à la boisson de la part du chef de l’Etat (attaque récurrente) ou, encore pire, moquant son infirmité à la main gauche. Il faudra bien après l’élection recréer des ponts entre les deux bords, certains ont d’ailleurs pris soin de ne pas trop s’enfoncer dans la boue. Dans ses rêves les plus dorés, Lula est réélu confortablement, il crée les conditions d’une croissance économique soutenue, et avec l’aide de quelques opposants éclairés il réussit les réformes institutionnelles permettant de rendre le pays plus gouvernable qu’il ne l’est aujourd’hui. Rendant le pouvoir début 2011, il entre dans l’histoire. Dans une version plus sombre, la guerre civile avec le PSDB se poursuit et le Brésil fait du surplace. Débuts de réponse dès ce soir et dans les prochaines semaines.
08:10 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note











Les commentaires sont fermés.