07.11.2006
Les bus peuvent aussi brûler à Rio
Les élections étant passées, la vie quotidienne, le dia a dia, reprend tous ses droits et retrouve sa place médiatique. La violence d’abord. Par un troublant effet de parallélisme avec notre pays se déroule le procès des auteurs présumés de l’incendie volontaire d’un bus sur Rio, un drame qui avait fait 5 morts en 2005. Ce crime aurait été lié au trafic de drogue. Plusieurs des auteurs ne seront pas jugés car ayant fait l’objet d’une justice expéditive. Ils ont en effet été exécutés par une faction criminelle deux jours après les faits. Trois prévenus comparaissent, et une première condamnation à 309 années et 5 mois de prison vient d’être prononcée, on appréciera la précision. Le Brésil fascine de nombreux étrangers par sa violence, on a ce dimanche entendu sur France Culture (L’Esprit Public) l’écrivain Max Gallo tenter de trouver une improbable résonance entre la violence dans nos banlieues et celle des grands centres urbains brésiliens. Mais dans le même temps, histoire de rappeler qu’on peut vivre tranquille même dans une favela, on lit avec intérêt sur O Globo online qu’à Niterói (Etat de Rio) le morro do Cavalão qui était il y a peu infesté par le trafic, la violence des gangs et celle de la police, est aujourd’hui devenu un exemple de tranquillité sans le moindre homicide en trois ans. La solution ? Une police de proximité qui est acceptée de la population (tiens, tiens) et le travail des associations qui peuvent redevenir efficaces dès lors que le quotidien n’est plus rythmé par les coups de feu.
Mais à toujours parler de la violence, on a l’impression qu’il n’y a rien d’autre. Ces derniers jours, le quotidien des brésiliens a été affecté par deux problèmes comme il en existe sous toutes les latitudes. Tout d’abord une grève du zèle des contrôleurs du ciel qui paralyse une grande partie du trafic aérien, et d’autre part une polémique sur le prix du pain. Auparavant vendu à l’unité il est désormais vendu au kilo et devinez quoi ? par un tour de passe-passe digne du passage à l’€, une substantielle augmentation des prix est intervenue. Bus qui brûlent, mouvements sociaux, pouvoir d’achat, tout cela est proche de nous, mais ne nous y trompons pas, rien n’est vraiment pareil.
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