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19.12.2006

Les 99 bougies de l’architecte

Oscar Niemeyer, l’homme qui a construit Brasilia, vient de fêter ses 99 ans et défie toutes les lois de la médecine. Malgré une fracture de la hanche il y a 2 mois, il continue de travailler et foisonne de projets qui donnent le tournis : un centre culturel à Recife, une cité administrative à Belo Horizonte, une place à la Havane (projet en phase de réalisation) sans oublier l’inauguration dans les prochains jours d’une statue pour la paix à Paris. Selon un de ses proches collaborateurs, on dénombre ainsi une bonne dizaine de projets dans les cartons, en phase plus ou moins aboutie. Pionnier de l’exploration des possibilités du béton armé, il est le chantre de la ligne courbe. « La courbe que l’on rencontre dans les montagnes de mon pays, dans le cours sinueux de ses fleuves, dans les vagues de l’océan, dans les nuages du ciel, dans le corps de la femme aimée ». Niemeyer est l’exception culturelle à lui tout seul. Communiste depuis toujours, il ne renie rien de ses idéaux et se permet d’aiguillonner Lula trop timide à ses yeux, non sans avoir appelé à voter pour lui en octobre.

 

 

Imaginait-il lorsqu’il construisait la future capitale brésilienne dans les années 50 que le Congrès National abriterait tant de turpitudes ? Après avoir brillé pendant 4 ans avec différents scandales de corruption, les parlementaires ont décidé d’achever leur mandat par une dernière salve en s’auto votant une augmentation de salaire de 91%. L’opinion publique qui en a vu d’autres semble balancer entre indignation et désabusement ; à Bahia, une déséquilibrée a même essayé d’attenter à la vie du député Antonio Carlos Magalhães Neto prétextant ce réajustement salarial pour expliquer son acte.

05.12.2006

Vers une grande coalition à la brésilienne

On est habitué en France à une période de transition assez brève. Election du Président début mai, prestation de serment une dizaine de jours plus tard et nomination du gouvernement dans la foulée. Rien de comparable au Brésil. Réélu il y a un mois, Lula ne commencera son second mandat que début janvier et certains parlent de février pour la prise de fonction du prochain gouvernement. Dans l’intervalle, Lula consulte. Contrairement à la situation qui prévalait il y a 4 ans, le temps ne joue pas contre lui. Il n’y a pas de crise financière à éponger dans l’urgence, bien au contraire, le Président brésilien continue de répéter à l’envi que le Brésil va entamer un cycle de croissance de 5% annuels. Fort de son succès électoral et de la bonne santé économique apparente, il souhaite former une ample coalition, non pas la coalition de nécessité que fait le vainqueur d’une courte tête, mais bien la coalition de celui qui, sûr de sa force, se place au dessus de la mêlée. Dans cette stratégie, il vient de marquer un point important avec le ralliement du PMDB, bien joué. Rappelons que le PMDB est le troisième poids lourd de la politique brésilienne avec le PT et le PSDB. Le PMDB était divisé pendant le processus électoral entre pro Lula et pro Alckmin. Ce qui signifie qu’aujourd’hui, une partie des partisans de Alckmin vient de faire allégeance au chef de l’état brésilien. D’autres partis viendront se joindre à la coalition gouvernementale notamment le PSB (Parti Socialiste Brésilien) de l’ex candidat à la Présidentielle de 2002, Ciro Gomes. Fort de ces soutiens, Lula va débuter son second mandat avec l’appui de la plupart des gouverneurs et une situation favorable à la Chambre des Députés, situation inespérée il y a quelques mois (notre note du 05/09). Seul le contrôle du Sénat devrait lui échapper. Cette situation ne doit pas faire illusion, les difficultés se profileront rapidement. Avec le PT tout d’abord. Habilement, le Président brésilien tente de prendre un peu de distance avec un parti dont l’image est sortie très délabrée des scandales de ces derniers mois. Mais on imagine bien que le PT n’acceptera pas de se laisser marginaliser dans le prochain gouvernement et de se laisser dessaisir de « sa » victoire. Autre élément à prendre en considération, l’horloge électorale tourne vite au Brésil. Dans 2 ans auront lieu les élections municipales qui marqueront le début de la lutte pour la présidentielle 2010... Deux ans maximum de tranquillité, c’est court pour un Président qui veut entrer dans l’histoire. Une inconnue demeure, l’attitude de l’opposition. Encore groggy de sa défaire, le PSDB va-t-il adopter un profil bas pour se refaire une santé ou repartir au front pour jouer son rôle de principal opposant ? Mais saura-t-il régler ses divisions ? Avec quatre personnalités d’envergure nationale, chacun imagine que le PSDB ne pourra faire l’économie d’une guerre interne. Alckmin apparaît aujourd’hui sur la touche, mais on ne connaît pas ses intentions pour l’avenir. Forts de leur élection au poste de gouverneur de São Paulo et du Minas Gerais, José Serra et Aécio Neves ne cachent pas leurs ambitions pour 2010. Mais c’est sans compter sur le montreur de marionnettes, l’ex Président Fernando Henrique Cardoso qui ne se résout pas à ne pas à ne pas être consulté à tout propos et ne désespère pas de tirer quelques ficelles lors des futures joutes électorales.

 

 
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