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04.01.2007

Vogue le Brésil, fin de ce blog

C’est sans passion que s’est effectuée la seconde investiture de Lula ce 1er janvier 2007. On est loin de la fièvre observée il y a 4 ans quand les media du monde entier investissaient Brasília pour rendre compte de l’évènement historique que représentait l’arrivée au pouvoir d’un ancien leader syndical sans diplôme, un immigré de l’intérieur, un homme que l’on ne connaît que par son surnom, à la tête d’un pays de 180 millions d’habitants. « Croissance », « inclusion sociale », « éthique », « sécurité publique », tous ces mots ont été prononcés dans un discours sans surprise tourné vers les plus pauvres. « Je peux regarder dans les yeux chaque brésilienne et brésilien et lui dire que j’ai maintenu, que je maintiens et que je maintiendrai mon engagement de m’occuper, en premier lieu, de ceux qui en ont le plus besoin (...). Notre gouvernement n’a jamais été et n’est pas populiste. Ce gouvernement a été et sera populaire. » Quatre ans après, on ne peut que se réjouir de voir élu comme Président d’un grand pays un homme issu de la vraie vie, qui connaît la dureté du monde du travail et la difficulté à remplir tous les jours son assiette. En ce sens, l’arrivée de Lula au pouvoir constitue un vrai progrès pour la démocratie au Brésil et pour l’humanité tout entière. Quel contraste avec nos ténors politiques dont pour la plupart on ne connaît pas d’autre métier que politicien. Mais au-delà du beau symbole du Président métallo, le Brésil se retrouve à peu de choses près face aux mêmes défis qu’il y a 4 ans. Certes il y a des acquis : une économie stabilisée et des programmes sociaux qui ont permis d’améliorer la vie quotidienne de plusieurs millions de personnes. Mais, on le sait, le pays reste miné par une série de faiblesses persistantes : une croissance trop faible qui n’est pas sans relation avec une politique monétaire des plus rigides, une classe politique à la limite de la dignité, un poids toujours plus important des pouvoirs parallèles. Lula II devrait être marqué du moins à ses débuts par une forte coalition d’une dizaine de partis destinée à faire passer des réformes jugées essentielles. Mais cela suppose de dépasser les querelles d’appareil et sur ce point ça commence mal. Alors que cette « grande coalition » doit permettre au Président brésilien de pouvoir compter sur un Congrès allié, un combat fratricide s’est engagé depuis des semaines pour la Présidence de la Chambre des Députés entre d’un côté l’actuel titulaire du perchoir, le communiste Aldo Rebelo, et de l’autre Arlindo Chinaglia du PT, le parti de Lula. Rien ne semble pouvoir éteindre l’incendie et les appels à l’union du Président ne trouvent pour l’instant aucun écho. A l’occasion de son investiture, le chef de l’Etat s’est également attardé sur les questions de sécurité publique qui sont réapparues sur le devant de la scène ces derniers jours. Une nouvelle vague de violence criminelle, désormais communément qualifiée de « terroriste » a atteint un grand centre urbain en l’occurrence Rio. Une vingtaine de personnes a été tuée dans divers attentats dont un contre un autocar assurant une liaison pour São Paulo au cours duquel plusieurs personnes ont été brûlées vives. Les responsables en sont bien entendu les factions criminelles qui règnent sur le trafic de drogue mais il est à noter que cette fois-ci ce ne seraient pas les conditions de détention dans les centres pénitentiaires qui seraient la cause de ces actions, mais une réaction des groupes mafieux contre des milices d’auto défense qui leur ont déclaré la guerre dans plusieurs dizaines de favelas. Ces derniers groupes qui semblent largement infiltrés par les polices militaire et civile se sont donné pour objectif d’expulser les trafiquants et de créer à nouveau des conditions de sécurité ... tout en rançonnant les habitants. Interrogé par TV Globo, le sociologue Glaucio Soares estime que « l’oppresseur d’hier est remplacé, avec d’autres activités, par celui d’aujourd’hui qui se répand. Il est possible qu’il n’y ait pas de différence entre les deux ». Violence, croissance, éthique, ... les chroniqueurs ont beau jeu de noter que de nombreux thèmes abordés lors de l’investiture de Lula II étaient déjà présents en  2003 ce qui nous ramène au début de notre propos : le chemin à parcourir reste immense pour que le Brésil puisse bénéficier d’une relative prospérité. Mais il ne faut pas non plus rester sur une note purement négative. Dans de nombreux domaines, le Brésil avance et de nombreux indicateurs économiques et sociaux sont en amélioration constante, bien avant Lula d’ailleurs pour certains d’entre eux. Mais tout est une question de vitesse. Lula II pourra-t-il passer la surmultipliée ? Quoi qu’il en soit, on continuera de voir dans ce pays la Terre d’Avenir promise par Stefan Zweig.

 

 

Ce blog a accompagné l’année électorale tout au long de 2006, il est désormais grand temps, en ces premiers jours de 2007, d’y mettre un terme. Si cette chronique a pu contribuer à une meilleure connaissance des réalités brésiliennes par quelques uns de nos concitoyens, son objectif sera atteint. Les milliers de visites enregistrées, ainsi que l’intérêt manifesté par des sites comme Alterinfos et Autres Brésils, ou des media comme France Inter ou France Culture, constituent un bon encouragement. Feliz 2007 e até breve !

 

Commentaires

até breve!
et merci!

Ecrit par : jorge | 09.01.2007

Les commentaires sont fermés.

 
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